STEVE RAY 

VAUGHAN

Titres clés :

- "Cold Shot"

- "Love Struck Baby"

- "Look at Little Sister"

- "Scuttle Buttin"

Matériel préféré :

- Sa Fender Stratocaster de 1963 surnommé "Number One" ou "First Wife"

- deux pédales Tube Screamer Ibanez en série

 

La première fois qu'il entend Vaughan, Eric Clapton s'exclame : "Qui que ce soit, ce type va secouer le monde !" Avec Texas Flood, son premier album sortie en 1983, l'artificier au look mi-cow-boy mi-indien réveille en effet un blues-rock dépassé par les hordes MTV de metalleux chevelus et garçons coiffeurs de la pop synthé. Jusque-là, l'homme aux Stratocaster (dont sa Number One fétiche, équipé d'un vibrato de gaucher) s'était limité au club de son Texas natal où il peaufinait, avec son Double Trouble, technique surnaturelle et sens de l'improvisation inouï ; un mix ébouriffant du psychédélisme débridé hendrixien, du twang funky de Lonnie Back et du blues des trois King, qui fera dire à B. B., l'un des King : "C'est le blanc le plus black que j'ai jamais vu !"  En cinq albums, le bluesmen fiévreux et puissamment original marque profondément et durablement le blues et le rock américain. Avant de trouver la mort en 1990, dans le crash de l'hélicoptère qui le ramené d'un concert avec ses collègues Buddy Guy, Eric Clapton, Jeff Healay, Robert Cray et son propre frère, Jimmie Vaughan, un temps guitariste des Fabulous Thunderbirds.

RORY GALLAGHER

Titres clés :

- "A Million Miles Away"

- "Cradle Rock"

- "Shin Kicker"

- "Tattoo'd lady"

-Walk On Hot Coals"

Matériel préféré :

- Fender Stratocaster de 1961

- ampli Vox AC30 poussé à fond

- pédale Treble Booster "Hawk"

 

En 1969, au festival de l'île de Wight, lorsqu'on lui demande quel effet cela fait d'être le meilleur guitariste de monde, Hendrix répond : "Euh, je ne sais pas, demandez à Rory Gallagher ! " Irlandais et blanc, le guitariste inconnu est leader d'un trio de blues-rock, Taste, qu'il quitte l'année suivante pour poursuivre l'avnture sous son propre nom. Il suffit d'écouter son fameux Live Irish Tour '74 pour saisir tout le talent de Gallagher. Son univers, c'était bel et bien la scène, qu'il embrasait par son sens de l'improvisation et sa bonne vieille Strato déglinguée de 1961. Jusqu'à sa mort en 1995, à l'âge de 47 ans, Rory ne cessera de tourner à travers le monde. Il connaissait tous les riffs, tous les motifs des vocabulaires du blues, du rock, du folk et de la country, qu'il mélangeait, tordait et distordait avec une facilité agaçante. La petite histoire veut qu'il ait refusé de remplasser Clapton au sein de Cream, Mick Taylor chez les Stones et Ritchie Blackmore chez Deep Purple. De quoi vous forger une légende à jamais.

B. B. KING

Titres clés :

- "3 O'Clock Blues"

- "The Thrill Is Gone"

- "Sweet Little Angel"

Matériel préféré :

- Gibson ES-355 surnommée Lucille

- ampli Gibson Lab séries L5 (tout transistors, si si)

 

On parle bel et bien ici d'une authentique légende, vénérée par la terre entière, d'Eric Clapton (qui a enregistré Riding With the King avec lui) à Billy Gibbons ("Il nous fait remonter suffisamment en arrière pour ressuciter le son des ouvriers dans les champs et celui des figures majeurs du blues de l'époque, comme Charley Patton et Robert Johnson", confiera la fine gâchette de ZZ Top).

Ridley Ben King, né en 1925 dans le Mississippi, est devenu une figure si familière de la musique américaine qu'on en oublierait presque combien son travail à la guitare fut révolutionnaire. C'est à Memphis, où il débarque à l'âge de 33 ans, loin de la plantation de coton qui l'a vu naître, que B. B. King va créer son style tout en passion et en originalité. Il joue de la guitare depuis ses 14 ans, mais gagne alors sa vie comme DJ dans une radio, ce qui lui permet de se familiariser avec une certaine diversité musicale. Il décide de mélanger le langage de la guitare country-blues à l'émotion brute du gospel et à la finesse fluide du jazz d'après-guerre. Sa vision éclectique, nourrie de ferveur électrique, prend forme dès lespremières note de"3 O'Clock Blues", le hit qui le fait connaître en 1951.

Armé de sa Gibson ES-355 qu'il surnomme Lucille, B. B. King joue "par rafales, riches et robustes", dixit Gibbons, une sorte de "ligne claire" dont les solos sophistiqués de haut vol sont tellement identifiables et translucides qu'on pourrait les écrire au fur et à mesure. Ses classiques des années 50, "Everyday I Have the Blues", "Sweet Little Angel ou "You Upset Me Baby", rivalisent de tendresse et de dureté, tansi que son Live at The Regal de 1965, avec sa tonalité particulière et arrondie, demeure l'un des albums de guitare blues les plus enlevés jamais enregistrés. De son sens du spectacle à son art du solo au vibrato cinglant sur des ballades écorchées, B. B. King est, de tous les bluesmen, celui dont l'influence a été la plus importante sur le rock.

ALBERT KING

Titres clés :

- "Laundromat Blues"

- "Born Under a Bad Sign"

- "I'll Play the Blues for You"

Matériel préféré :

- Lucy sa Gibson Flying V

- ampli Roland JC-120H

 

Roi du blues au même titre que les deux autre King, le guitariste gaucher Albert "King" Nelson, héro de Hendrix, Clapton, Stevie Ray Vaughan, Joe Walsh, Duane Allman et Robert Cray, utilisa dès 1955 une Gibson Flying V de droitier (prénommée Lucy), qu'il retournait sans changer l'ordre des cordes. Géant de deux mètres pour cent kilos, ce "bulldozer de velours" a conquis les jeunes rockers avec son puissant et acéré, au son massif et percutant, à base de solos sur une corde et de bends qui faisaient pleurer les notes d'une façon particulièrement tourmentée. Clapton s'insprera de son chorus sur "Personal Manager" pour le "Strange Brew" de Cream, et Duane Allman lui empruntera quelques notes de "As the Years Go Passing By" pour le riff de "Layla". Showman réputé, l'influent King revint, après quelques essais funky réussis dans les seventies, aux racines du blues, notamment avec le sublime In Session, enregistré en compagnie de Steve Ray Vaughan en 1983, neuf ans avant sa mort, en 1992.

BUDDY GUY

Titres clés :

- "Cognac"

- "Stone Crazy"

- "First Time I Met the Blues"

Matériel préféré :

- sa Fender Stratocaster signature à pois

- ampli 1959 Fender Bassman

Le plus grand guitariste encore vivant (selon Clapton) a 21 ans quand il débarque à Chicago en 1957 de sa Louisiane natale avec sa Gibson Les Paul, cinq cents dollards et deux démos en poche... Grâce à Otis Rush, il joue au 708 Club, où il est repéré par Wllie Dixon, qui en fait le guitariste de son label Chess Records. Guy joue pour les artistes maison (Muddy Waters, Koko Taylor, Sonny Boy Williamson et Howlin' Woolf) avant d'enregistrer sous son propre nom. L'Angleterre le découvre au début des sixties, et c'est le gros méchant choc pour Clapton, Jeff Beck, et Jimmy Page, impressionnés par son jeu heavy et agressif, basé sur la distorsion et les larsens, des solos longs et structurés et un sens du show inédit que copiera cent fois Hendrix. Principale source d'inspiration de cette vague British Blues (il fit la première partie des Stones en France en 1970 !), Guy l'éclaireur poursuivit sa carrière, souvent avec l'harmoniciste Junior Wells. Il joue toujours aux quatre coins du monde, et chez lui, à Chicago, au Buddy Guy's Legends Club.

BILLY GIBBONS

Titres clés :

- "La Grange"

- "Sharp Dressed Man"

- "Gimme All Your Lovevin"

Matériel préféré :

- Les Paul Standard de 1959

- pédale de disto Pro Analog Effects

 

Elevé au biberon country avant de découvrir Presley, Little Richard et Jimmy Reed, le petit Billy, de Houston, avait 13 quand ses parents lui offrirent une Gibson Melody Maker et un ampli Fender Champ, avec lesquels il apprit à imiter ses héros et Muddy Waters, son père musical et spirituel. A 18 ans, après un premier LP psyché-blues avec ses Movin Sidewalks, il assura quatre dates en première partie de Jimi Hendrix, qui lui offrit une Strato rose et sa reconnaissance éternelle ! Gibbons créa en 1970 le power trio de boogie texan, ZZ Top, et le public fut conquis : quarante ans de carrière, une quinzaine d'albums un guitariste sonwriter toujours au top. C'est le son qui fait le Gibbons, pas la virtuosité ; un son gras et mordant, gorgé de feeling et de tension sexuelle, qui doit beaucoup à ses pédales de disto Pro Analog et à Pearly Gates, sa Gibson fétiche Les Paul Standard de 1959 (et sur scène, sa Gretsh Jupiter Thunderbird "Billy-Bo", dessinée par Diddley et modifié par le barbu).

John Mayer (USA)

Robben Ford (USA)

Eric Gales (USA)

Josh Smith (USA)

Matt Schofield (UK)

Philip Sayce (USA)

© 2019 par CLEMENT COMBIER professeur de guitare à Riom, Auvergne. Proche Clermont-ferrand.